Dysphasie, dyspraxie, dyslexie et autres problématiques du langage chez l’enfant

Types de clientèles en orthophonie

 

Retard d’acquisition du langage

Lorsqu’un enfant tarde à parler ou que son langage se développe à un rythme qui apparaît plus lent que normal, il présente possiblement un retard d’acquisition du langage.  Le langage ressemble alors à celui d’un enfant plus jeune.  Le retard peut affecter la prononciation, l’acquisition du vocabulaire, la capacité à structurer sa pensée en phrases ou la compréhension des consignes ou demandes verbales.  Ces enfants bénéficient évidemment de l’aide de l’orthophoniste pour aider le parent à offrir une stimulation langagière optimale.

Trouble primaire et persistant du langage (dysphasie)

« La dysphasie est un trouble primaire du langage, dans les sphères expressive et réceptive, qui s’observe par des atteintes variables affectant le développement de plus d’une composante du langage : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique.

En plus d’une hétérogénéité des manifestations de ce trouble d’un individu à l’autre, il se caractérise, chez un même individu, par sa persistance, par la variabilité du portrait clinique dans le temps de même que par une forte probabilité qu’il y ait peu d’évolution sans intervention.  La dysphasie est souvent accompagnée d’autres signes et peut coexister avec d’autres déficiences.

La dysphasie a des répercussions qui peuvent entraver le développement et le fonctionnement de l’individu sur les plans personnel, social, scolaire et professionnel.  Par conséquent, la dysphasie engendre des situations de handicap et des préjudices variables pour l’individu et son entourage selon les circonstances et à tous âges de la vie. »  (OOAQ)

Confirmer un trouble primaire et persistant du langage est un processus complexe. Spécialiste de ce trouble, l’orthophoniste doit néanmoins s’assurer, par des évaluations complémentaires, que le trouble est bien primaire et ne découle donc pas d’un trouble auditif ou cognitif.  Elle doit aussi constater la résistance à l’intervention, ce qui signifie qu’il est impossible de mettre une telle conclusion suite à une évaluation seule et ce, peu importe à quelle point l’évaluation serait complète.  À ce stade, une hypothèse de trouble primaire et persistant du langage pourra toutefois être émise.

Dyspraxie verbale

« La dyspraxie verbale est un trouble du mouvement pour produire la parole.  L’enfant atteint de dyspraxie ne sait pas toujours comment placer sa bouche pour parler ou faire d’autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, souffler, mastiquer, boire ou se moucher.

Pour l’enfant dyspraxique, il est difficile d’apprendre à parler, car parler exige la coordination de beaucoup de mouvements : des lèvres, de la langue, des joues, des cordes vocales, de la respiration.  Plus les mots sont longs, plus il y a de mouvements à faire et plus c’est difficile pour l’enfant.  La dyspraxie verbale est d’origine neurologique et n’est pas due à un manque de stimulation. » (IRDPQ. « La dyspraxie verbale », brochure d’information.  Disponible sur www.irdpq.qc.ca)

L’orthophoniste pourra enseigner aux parents et à leur enfant des techniques pouvant grandement aider les dyspraxiques.

Dyslexie et dysorthographie

Un jeune dont les difficultés sont persistantes et prédominantes dans l’identification de mots présente une dyslexie.  Ce trouble se manifeste par un manque d’habileté à lire un mot de façon suffisamment juste, ce qui réfère à la précision en lecture, ou suffisamment rapide, ce qui réfère à l’automatisation en lecture, pour que celui-ci soit bien compris.

La dysorthographie se manifeste par un manque d’habileté à écrire un mot de façon suffisamment juste, ce qui réfère à la précision en écriture, pour respecter l’orthographe lexicale ou encore de façon suffisamment rapide, ce qui réfère à l’automatisation en écriture.

Les difficultés de lecture du dyslexique auront souvent des conséquences négatives sur la compréhension de texte (les répercussions en contexte scolaire peuvent donc être larges : résolution de problèmes en mathématique, lecture du texte en histoire, etc.), tandis que les difficultés en écriture du dysorthographique auront souvent des conséquences négatives sur la production de texte.

Un jeune peut n’être que dysorthographique, mais une dyslexie-dysorthographie est plus commune. Il est dorénavant reconnu que plusieurs types de dyslexies-dysorthographies développementales existent, dont : la dyslexie-dysorthographie phonologique, la dyslexie-dysorthographie par trouble de l’empan visuo-attentionnelle et la dyslexie-dysorthographie mnésique.
Suite à l’évaluation orthophonique, un traitement orthophonique est tout indiqué. L’orthophoniste saura travailler à la base du problème, adaptant son intervention au type de dyslexie-dysorthographie, soit en fonction des déficits cognitifs sous-jacents. Elle accompagne ainsi le jeune vers une meilleure réussite scolaire. Elle saura aussi mettre en place des outils technologiques lorsque ceux-ci apparaissent nécessaires à la poursuite du parcours scolaire, s’assurant que le jeune s’approprie pleinement leur bonne utilisation et devienne progressivement autonome avec ses outils.

Dyscalculie

La dyscalculie est un déficit spécifique d’apprentissage avec trouble en mathématique. Le DSM 5 mentionne qu’un retard mathématique significatif et persistant (depuis le début de la scolarité, minimum 6 mois), en dépit d’interventions ciblées, doit faire partie du portrait.  Le retard mathématique doit par ailleurs avoir été confirmé par des mesures standardisées : la passation de tests normés est donc nécessaire.  De plus, le retard mathématique est non attribuable à un trouble cognitif, sensoriel, moteur ou neurologique et ne peut d’autre part être attribuable à un enseignement insuffisant ou inadéquat ou à de faibles aptitudes dans la langue d’enseignement à l’école.

L’orthophoniste sera à même de déterminer quels composants sont atteints en analysant les difficultés vécues par le jeune en comptage, dénombrement, dictée ou lecture de chiffres, compréhension de problèmes arithmétiques, résolution d’opérations mathématiques, gestion des procédures en résolution de problèmes, calcul mental, comparaison de quantités, repérage de la valeur d’un chiffre en fonction de sa position dans un nombre, géométrie, etc.
L’orthophoniste pourra ensuite entreprendre un traitement ciblé afin d’amener le jeune à mieux progresser en mathématique.

Bégaiement

« Le bégaiement est un trouble de parole d’origine neuromusculaire. Il affecte la coordination des organes et des muscles pour produire la parole (cordes vocales, langue, lèvres, mâchoires, muscles de la respiration, etc.). Plusieurs personnes héritent à la naissance d’un système de parole plus fragile (prédisposition génétique). Cette fragilité de la parole peut être influencée par plusieurs facteurs personnels et environnementaux comme la fatigue, le stress, les émotions, l’interlocuteur et ses attitudes de communication, les contraintes de temps, etc. Environ 5% des enfants bégaient à un moment ou un autre au cours de leur enfance, mais le problème de bégaiement persisterait seulement chez 1% de la population.

Le bégaiement se manifeste par des moments de bégaiement aussi appelés disfluidités. Les blocages et les prolongements de sons ainsi que les répétitions de sons, de syllabes, de mots ou de parties de phrases en sont des exemples. Le bégaiement peut également se manifester par des comportements secondaires présents lors des moments de bégaiement. Par exemple, on peut noter des mouvements comme des clignements des yeux, des hochements de tête ou des mouvements des pieds ou des mains. Ces manifestations s’appellent des mouvements associés. La fluidité de la parole correspond à une parole qui ne présente pas de moment de bégaiement, on dit alors que la parole est fluide.

Le bégaiement est un trouble qui apparaît le plus souvent durant l’enfance, entre 2 et 5 ans. Chez plusieurs enfants d’âge préscolaire, il est possible d’observer un bégaiement transitoire, c’est-à-dire un bégaiement pour lequel il y aura une récupération spontanée, sans intervention. La récupération spontanée se produit normalement dans l’année suivant l’apparition du bégaiement. » (source)

Sigmatismes et autres troubles orofaciaux myofonctionnels (ex : déglutition atypique)

De nombreux troubles orofaciaux myofoncionnels (TOM) se retrouvent dans la population. En effet, 40% d’entre nous en avons un! Certains sont subtils, alors que d’autres sont bien évidents. Par ailleurs, les conséquences peuvent être légères ou importantes. L’orthophoniste est formée pour évaluer les TOM tels que : respiration buccale chronique, bouche ouverte au repos, langue basse et antérieure au repos (la rendant visible), mastication inefficace, déglutition atypique, sigmatismes divers (conduisant à une distorsion de certains sons, plus fréquemment les suivants : s, z, ch, j), mauvaises habitudes orales (sucer son pouce, ronger ses ongles, etc.) ou orofaciales, etc.
Les TOM sont parfois identifiés par les parents, parfois par les dentistes ou orthodontistes. En effet, l’orthodontiste ne peut toujours à lui seul rendre et maintenir une dentition parfaite, car certains TOM auront pour conséquence de déplacer de nouveau les dents suite à un traitement orthodontique. Un traitement orthophonique s’impose alors. Le travail à faire implique une excellente motivation du jeune et de ses parents (ou du client adulte), puisque des exercices très réguliers doivent être réalisés dans un premier temps, afin de mettre en place des patrons moteurs adéquats et de les généraliser dans un second temps. À noter que des préalables peuvent être travaillés dès un très jeune âge, mais qu’une rééducation articulatoire n’est généralement pas entreprise avant 4 ans et demi et ce, seulement avec de bonnes maturité et motivation.

Voix

Un trouble de voix engendre une voix éteinte, rauque ou éraillée et s’accompagne fréquemment de fatigue vocale. Il est causé par un mauvais usage vocal ou la présence d’une pathologie vocale (ex. : polypes ou nodules). Une visite chez l’oto-rhino-laryngologiste est alors fortement recommandée.  Ce médecin spécialiste pourra examiner votre larynx et vous suggérer le traitement le plus approprié. Une rééducation vocale en orthophonie pourra être recommandée. L’orthophoniste pourra identifier avec vous si de mauvaises habitudes vocales doivent être éliminées.  Elle pourra également vous montrer des exercices afin d’améliorer votre technique vocale.

Trouble de la résonance

Il arrive qu’une personne ait une voix nasillarde ou semble enrhumée sans toutefois l’être. On dira alors qu’il ou qu’elle « parle du nez ».  Ces personnes présentent un trouble de la résonance.  Normalement, la voix « résonne » dans la bouche ou dans le nez grâce à l’intégrité des structures  anatomiques et au bon fonctionnement du voile du palais (la luette). Une consultation en oto-rhino-laryngologie permettra de déterminer la cause d’un problème de résonance. L’orthophoniste est le spécialiste qui pourra rééduquer le fonctionnement du voile du palais afin d’obtenir la résonance la plus naturelle possible.

Hypothèses ou diagnostics posés par un autre professionnel de la santé

Lorsque votre enfant présente une hypothèse ou un diagnostic émis par un pédopsychiatre, un neuropsychologue, un audiologiste ou tout autre professionnel de la santé, il se peut qu’il vous conseille alors d’obtenir les services d’un orthophoniste.

En effet, de nombreux diagnostics présentent des troubles associés parmi lesquels nous trouvons les troubles de langage oral ou écrit, la dyspraxie verbale, le trouble orofacial-myofonctionnel et la dyscalculie.

Ainsi, nos orthophonistes travaillent régulièrement avec des enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme, un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, une déficience intellectuelle, une déficience auditive ou un trouble de traitement auditif.  Des syndromes divers, quoique moins fréquents, présentent aussi des troubles associés pour lesquels l’orthophoniste sera d’une grande aide.