Trouble développemental du langage, dyslexie et autres problématiques du langage chez l’enfant

Types de clientèles en orthophonie

 

Retard de langage ?

Lorsqu’un enfant tarde à parler ou que son langage se développe à un rythme qui apparaît plus lent que normal, il présente possiblement un retard de langage. Il est également possible qu’il présente un trouble développemental du langage (définition ci-dessous).  En effet, les recherches récentes indiquent que les difficultés des enfants qui ont un trouble développemental du langage sont les mêmes que les difficultés des enfants qui vont « rattraper » leurs difficultés.  Dès que des difficultés langagières sont constatées, il est donc fortement conseillé de consulter en orthophonie.

Trouble développemental du langage (anciennement nommé “dysphasie” ou “trouble primaire du langage”)

Il s’agit d’un trouble du langage sans condition biomédicale connue. Les difficultés de langage émergent au cours du développement et ont un impact significatif sur le développement de l’enfant, ses interactions sociales quotidiennes et ses progrès académiques. De plus, le pronostic n’est pas favorable.  Ainsi, on tend à croire que les difficultés vont persister à l’âge primaire, voire même après, et que les habiletés langagières de l’enfant ne seront pas équivalentes à celles des enfants du même âge. Le TDLse présente de manière hétérogène et inclut un large éventail de profils langagiers. Effectivement, différentes composantes du langage peuvent présenter des déficits : phonologie et articulation, syntaxe, lexique et sémantique, pragmatique, discours, mémoire verbale et apprentissage verbal.

D’autres troubles associés peuvent être présents avec un TDL et affecter les caractéristiques du langage ainsi que la réponse à l’intervention, bien qu’une relation causale claire n’ait pas encore été établie.  Ainsi, un enfant avec un TDL peut avoir des difficultés d’attention (TDA/H), des difficultés motrices (trouble d’acquisition de la coordination), des difficultés en lecture et en écriture (dyslexie-dysorthographie), de difficultés de parole (trouble des sons de la parole), des difficultés émotionnelles et des difficultés de comportement.

Trouble du langage associé à une condition médicale

Chez Jeunes Aventuriers, les orthophonistes travaillent régulièrement auprès de jeunes présentant un trouble du langage associé à une déficience auditive, à une trisomie 21, à une déficience intellectuelle ou à un trouble du spectre de l’autisme.

Trouble des sons de la parole

Lorsque les difficultés langagières se limitent aux sons de la parole, on ne parle pas de trouble développemental du langage, mais bien de trouble des sons de la parole.  Ce trouble peut avoir une origine linguistique, motrice ou structurelle.  Cette appellation, plutôt récente, inclut notamment le “trouble d’acquisition de la coordination” ou “dyspraxie verbale”, mais aussi le trouble phonologique d’orginie linquistique sans autres difficultés langagières.

« La dyspraxie verbale est un trouble du mouvement pour produire la parole.  L’enfant atteint de dyspraxie ne sait pas toujours comment placer sa bouche pour parler ou faire d’autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, souffler, mastiquer, boire ou se moucher.

Pour l’enfant dyspraxique, il est difficile d’apprendre à parler, car parler exige la coordination de beaucoup de mouvements : des lèvres, de la langue, des joues, des cordes vocales, de la respiration.  Plus les mots sont longs, plus il y a de mouvements à faire et plus c’est difficile pour l’enfant.  La dyspraxie verbale est d’origine neurologique et n’est pas due à un manque de stimulation. » (IRDPQ. « La dyspraxie verbale », brochure d’information.  Disponible sur www.irdpq.qc.ca)

L’orthophoniste pourra enseigner aux parents et à leur enfant des techniques pouvant grandement aider les dyspraxiques.

Dyslexie et dysorthographie

Un jeune dont les difficultés sont persistantes et prédominantes dans l’identification de mots présente une dyslexie.  Ce trouble se manifeste par un manque d’habileté à lire un mot de façon suffisamment juste, ce qui réfère à la précision en lecture, ou suffisamment rapide, ce qui réfère à l’automatisation en lecture, pour que celui-ci soit bien compris.

La dysorthographie se manifeste par un manque d’habileté à écrire un mot de façon suffisamment juste, ce qui réfère à la précision en écriture, pour respecter l’orthographe lexicale ou encore de façon suffisamment rapide, ce qui réfère à l’automatisation en écriture.

Les difficultés de lecture du dyslexique auront souvent des conséquences négatives sur la compréhension de texte (les répercussions en contexte scolaire peuvent donc être larges : résolution de problèmes en mathématique, lecture du texte en histoire, etc.), tandis que les difficultés en écriture du dysorthographique auront souvent des conséquences négatives sur la production de texte.

Un jeune peut n’être que dysorthographique, mais une dyslexie-dysorthographie est plus commune. Il est dorénavant reconnu que plusieurs types de dyslexies-dysorthographies développementales existent, dont : la dyslexie-dysorthographie phonologique, la dyslexie-dysorthographie par trouble de l’empan visuo-attentionnelle et la dyslexie-dysorthographie mnésique.

Suite à l’évaluation orthophonique, un traitement orthophonique est tout indiqué. L’orthophoniste saura travailler à la base du problème, adaptant son intervention au type de dyslexie-dysorthographie, soit en fonction des déficits cognitifs sous-jacents. Elle accompagne ainsi le jeune vers une meilleure réussite scolaire. Elle saura aussi mettre en place des outils technologiques lorsque ceux-ci apparaissent nécessaires à la poursuite du parcours scolaire, s’assurant que le jeune s’approprie pleinement leur bonne utilisation et devienne progressivement autonome avec ses outils.

Dyscalculie

La dyscalculie est un déficit spécifique d’apprentissage avec trouble en mathématique. Le DSM 5 mentionne qu’un retard mathématique significatif et persistant (depuis le début de la scolarité, minimum 6 mois), en dépit d’interventions ciblées, doit faire partie du portrait.  Le retard mathématique doit par ailleurs avoir été confirmé par des mesures standardisées : la passation de tests normés est donc nécessaire.  De plus, le retard mathématique est non attribuable à un trouble cognitif, sensoriel, moteur ou neurologique et ne peut d’autre part être attribuable à un enseignement insuffisant ou inadéquat ou à de faibles aptitudes dans la langue d’enseignement à l’école.

L’orthophoniste sera à même de déterminer quels composants sont atteints en analysant les difficultés vécues par le jeune en comptage, dénombrement, dictée ou lecture de chiffres, compréhension de problèmes arithmétiques, résolution d’opérations mathématiques, gestion des procédures en résolution de problèmes, calcul mental, comparaison de quantités, repérage de la valeur d’un chiffre en fonction de sa position dans un nombre, géométrie, etc.
L’orthophoniste pourra ensuite entreprendre un traitement ciblé afin d’amener le jeune à mieux progresser en mathématique.

Bégaiement

« Le bégaiement est un trouble de parole d’origine neuromusculaire. Il affecte la coordination des organes et des muscles pour produire la parole (cordes vocales, langue, lèvres, mâchoires, muscles de la respiration, etc.). Plusieurs personnes héritent à la naissance d’un système de parole plus fragile (prédisposition génétique). Cette fragilité de la parole peut être influencée par plusieurs facteurs personnels et environnementaux comme la fatigue, le stress, les émotions, l’interlocuteur et ses attitudes de communication, les contraintes de temps, etc. Environ 5% des enfants bégaient à un moment ou un autre au cours de leur enfance, mais le problème de bégaiement persisterait seulement chez 1% de la population.

Le bégaiement se manifeste par des moments de bégaiement aussi appelés disfluidités. Les blocages et les prolongements de sons ainsi que les répétitions de sons, de syllabes, de mots ou de parties de phrases en sont des exemples. Le bégaiement peut également se manifester par des comportements secondaires présents lors des moments de bégaiement. Par exemple, on peut noter des mouvements comme des clignements des yeux, des hochements de tête ou des mouvements des pieds ou des mains. Ces manifestations s’appellent des mouvements associés. La fluidité de la parole correspond à une parole qui ne présente pas de moment de bégaiement, on dit alors que la parole est fluide.

Le bégaiement est un trouble qui apparaît le plus souvent durant l’enfance, entre 2 et 5 ans. Chez plusieurs enfants d’âge préscolaire, il est possible d’observer un bégaiement transitoire, c’est-à-dire un bégaiement pour lequel il y aura une récupération spontanée, sans intervention. La récupération spontanée se produit normalement dans l’année suivant l’apparition du bégaiement. » (source)

Sigmatismes et autres troubles orofaciaux myofonctionnels (ex : déglutition atypique)

De nombreux troubles orofaciaux myofoncionnels (TOM) se retrouvent dans la population. En effet, 40% d’entre nous en avons un! Certains sont subtils, alors que d’autres sont bien évidents. Par ailleurs, les conséquences peuvent être légères ou importantes. L’orthophoniste est formée pour évaluer les TOM tels que : respiration buccale chronique, bouche ouverte au repos, langue basse et antérieure au repos (la rendant visible), mastication inefficace, déglutition atypique, sigmatismes divers (conduisant à une distorsion de certains sons, plus fréquemment les suivants : s, z, ch, j), mauvaises habitudes orales (sucer son pouce, ronger ses ongles, etc.) ou orofaciales, etc.
Les TOM sont parfois identifiés par les parents, parfois par les dentistes ou orthodontistes. En effet, l’orthodontiste ne peut toujours à lui seul rendre et maintenir une dentition parfaite, car certains TOM auront pour conséquence de déplacer de nouveau les dents suite à un traitement orthodontique. Un traitement orthophonique s’impose alors. Le travail à faire implique une excellente motivation du jeune et de ses parents (ou du client adulte), puisque des exercices très réguliers doivent être réalisés dans un premier temps, afin de mettre en place des patrons moteurs adéquats et de les généraliser dans un second temps. À noter que des préalables peuvent être travaillés dès un très jeune âge, mais qu’une rééducation articulatoire n’est généralement pas entreprise avant 4 ans et demi et ce, seulement avec de bonnes maturité et motivation.

Voix

Un trouble de voix engendre une voix éteinte, rauque ou éraillée et s’accompagne fréquemment de fatigue vocale. Il est causé par un mauvais usage vocal ou la présence d’une pathologie vocale (ex. : polypes ou nodules). Une visite chez l’oto-rhino-laryngologiste est alors fortement recommandée.  Ce médecin spécialiste pourra examiner votre larynx et vous suggérer le traitement le plus approprié. Une rééducation vocale en orthophonie pourra être recommandée. L’orthophoniste pourra identifier avec vous si de mauvaises habitudes vocales doivent être éliminées.  Elle pourra également vous montrer des exercices afin d’améliorer votre technique vocale.

Trouble de la résonance

Il arrive qu’une personne ait une voix nasillarde ou semble enrhumée sans toutefois l’être. On dira alors qu’il ou qu’elle « parle du nez ».  Ces personnes présentent un trouble de la résonance.  Normalement, la voix « résonne » dans la bouche ou dans le nez grâce à l’intégrité des structures  anatomiques et au bon fonctionnement du voile du palais (la luette). Une consultation en oto-rhino-laryngologie permettra de déterminer la cause d’un problème de résonance. L’orthophoniste est le spécialiste qui pourra rééduquer le fonctionnement du voile du palais afin d’obtenir la résonance la plus naturelle possible.